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mardi 22 septembre 2015

Abandon Ship (Les prisonniers de l'océan) - Richard Sale - 1957

 

Je viens de retrouver ce topo préparé il y a quelques mois ...


 Après que leur paquebot ait percuté une mine et coulé, 26 survivants se retrouvent sur un canot de sauvetage prévu pour 9 personnes. Dans le groupe se retrouvent une chanteuse d'opéra âgée, un physicien nucléaire, sa femme et un enfant, un général à la retraite, un écrivain et son chien, un professeur, un joueur et sa maîtresse (dont le mari se trouve sur un radeau non loin), l'infirmière de bord, plusieurs membres d'équipage dont le capitaine qui meurt de ses blessures.

Alec Holmes prend le relais et organise la vie des survivants. Les blessés sont soignés, une rotation est mise en place pour permettre à chacun de se tenir dans la chaloupe après quelques heures passées dans l'eau accroché aux cordages ...mais bientôt un orage approche et Holmes décide qui devra quitter le bateau et qui pourra rester à bord .... 14 personnes vont ainsi passer par dessus bord !


Un capitaine persuadé de faire son devoir force des survivants à agir contrairement à leurs croyance et conscience. Factuel il n'imagine pas une seconde que les secours peuvent survenir rapidement et axe la survie sur la longue durée, coûte que coûte. Éthique et morale sont deux mots qu'il a du bannir de son vocabulaire.

Obéir ou suivre sa conscience ? Tel est le thème de ce film terrible en terme d'humanité. Le dilemme reste d'actualité de nos jours.

Alors qu'auriez-vous fait à la place du capitaine ?

Le narrateur nous explique que le film est tiré d'une histoire vraie, le capitaine aurait été jugé et condamné à 6 mois de prison, avec circonstances atténuantes dues à une situation extraordinaire.

Le réalisateur prend le parti de nous présenter un homme qui se montre sous les traits séduisants de Tyrone Power. Cet homme reste maitre de lui-même, sauve sa petite amie infirmière. Il est le seul qui relie les deux pôles "statiques" du radeau et de la chaloupe sur lesquels se trouvent des rescapés. Du radeau on ne saura plus rien, Holmes n'ayant pas cru bon de l'amarrer à la chaloupe par la suite ...

Holmes est investi du pouvoir qui lui est conféré par le capitaine sur le point de mourir. En guise de passation de casquette ce dernier lui remet sa chevalière, reçue lors de son premier commandement.

Je vais tenter d'expliquer les raisons de mon malaise face à ce film.

John Stratton, Mai Zetterling et Stephen Boyd
Je ne pense pas que nous avons une grande importance sur cette terre, ce n'est donc pas le choix entre la vie ou de mort qui me dérange. Je me soumets aux lois de la nature et du cycle de toute chose.

Les lois humaines sont ainsi faites, théoriquement nous vivons ensemble sur un principe de solidarité, nos vies sont soumises à des lois visant à vivre en communauté. Je n'ai pas choisi ce mode mais je le respecte même suis je suis très consciente de l'hypocrisie de notre système piloté par les multinationales et des gouvernements sans scrupules.

Je viens d'un pays chrétien, je ne l'ai pas choisi non plus, c'est ainsi. On m'a appris à respecter et à aider mon prochain, voire à si possible à l'aimer. Je ne fais pas aux autres ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse et je respecte la vie et notre planète. Ce n'est pas toujours facile.
Face à un film qui nous montre un type qui se prend pour Dieu le Père et qui décide de vie ou de mort, ces principes de base sont bafoués ce qui provoque forcément un sentiment de révolte et aussi de grand malaise.
Ce film tente de nous convaincre qu'il faut éliminer les faibles pour sauver les forts, c'est carrément de l'eugénisme.
Le skipper est sûr de lui. Investi de sa mission et de son importance il n'évoque jamais le désir de céder sa place à d'autres, de même que jamais il ne donne le choix aux survivants de décider pour eux-mêmes.

A aucun moment Holmes ne démontre une confiance dans l'avenir (ce n'est pas donné à tout le monde, soit). Son rôle se borne à être factuel, dès lors il raisonne en terme de multinationale. Le profit dans le cas qui nous est présenté est de sauver le plus de vies possible (y compris sa vie et celle de celle qu'il aime bien sûr, mais ça implique quand même que 14 personnes passent à la trappe pour sauver un minimum de 9 personnes, pour autant que les secours n'arrivent pas trop tard).
Comme il n'y a pas de foi ou d'espoir, pour cela il faut éliminer les faibles. Ses critères sont simples : toute personne faible, blessée ou non en état de rendre service au petit groupe doit être éliminée. Un poignet cassé, hop à la flotte, trop vieille, hop, à la flotte, les parents du petit garçon, paf, à l'eau (le petit garçon reste dans la chaloupe malgré l'horreur de la situation), mal de mer, hop à l'eau, etc. c'est la loi de la jungle, la loi du plus fort, on revient à l'âge de pierre et c'est chacun pour soi, au diable les préceptes d'humanité !

Or la vie perd toute valeur dans ce cas, car à quoi bon survivre sans compassion, sans aider son prochain et donc sans amour ? McKinlay refuse avec raison l'ordre du capitaine de jeter une femme aux côtes brisées par dessus bord. Sous la menace du revolver il fait mine d’obtempérer mais se jette à l'eau avec la femme, ce qui est le seul comportement décent possible face à la violence.

Maintenant vous me direz que tout cela n'a pas vraiment d'importance, somme toute chacun vit avec et selon sa conscience, si on n'en a pas, et bien tout est pour le mieux.

Là où le bas blesse c'est qu'on nous présente le skipper comme une victime à la fin, comme un homme qui aurait fait son devoir. Les autres se détournent avec raison, aucun d'entre eux n'était d'accord avec les décisions prises par le capitaine sous la menace d'une arme. Son amie nous est montrée comme une femme aimante qui reste auprès de l'homme qu'elle aime malgré tout. Je n'ose même pas imaginer leur avenir en tant que couple.
La fin nous montre surtout que les sacrifices ont été fait pour rien et c'est juste inacceptable.

Il y a d'autres détails choquants : le capitaine blessé au départ à eu droit à quelques mots de prière et de beaucoup d'échanges montrant son importance et la passation de pouvoir, etc, le suivant est jeté à l'eau avec un petit "bless him" et les suivants que dalle. Comme si les vies les plus importantes étaient les deux premières ...

La question qui me turlupine : Au final que reste-t-il réellement des survivants ? deviennent-ils des morts vivants après cette expérience traumatisante ?

A ne pas regarder si vous êtes déprimé, d'ailleurs si vous cherchez du réconfort mieux vaut passer votre chemin !

titres anglais alternatifs : Seven Days From Now et Seven Waves from now
titre français : Pour que les autres vivent

97 minutes

Tyrone Power ...
Alec Holmes
Mai Zetterling ...
Nurse Julie White
Lloyd Nolan ...
Frank Kelly
Stephen Boyd ...
Will McKinley
Moira Lister ...
Edith Middleton
James Hayter ...
'Cookie' Morrow
Marie Lohr ...
Dorothy Knudson
Finlay Currie ...
Mr. Wheaton
John Stratton ...
Jimmy 'Sparks' Clary
Victor Maddern ...
Willy Hawkins
Eddie Byrne ...
Michael Faroni
Noel Willman ...
Aubrey Clark
Moultrie Kelsall ...
Daniel Cane
Robert Harris ...
Arthur J. Middleton
Gordon Jackson ...
John Merritt